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« L’année a été marquée par l’essor de l’infographie interactive »

Quelles ont été les évolutions marquantes de l’infographie AFP en 2017 ?

En matière d’innovation, l’année a indéniablement été marquée par l’essor de l’infographie interactive. L’offre commerciale est lancée et la production au rendez-vous. Nous avons couvert toute la série d’élections qui a jalonné 2017, notamment les scrutins en France et en Allemagne, avec des graphiques interactifs qui ont très bien marché. Notre objectif, c’est à présent la Coupe du monde de football en Russie. Nous mettons sur pied un programme de préparation d’infographies interactives sur les différents aspects de la compétition.

Votre production est-elle exclusivement basée à Paris ?

Ce n’est plus le cas. En 2017, nous avons commencé à avoir également une production à Berlin et Hong Kong. L’idée est d’avoir des contenus provenant de centres régionaux, sur des sujets de dimension internationale ou à dominante plus locale. À Paris, la production se charge de faire la liaison avec ces centres régionaux tout en produisant toutes sortes d’infographies, des sujets d’informations courts ou plus élaborés.

31 octobre 2017 – Genève, Suisse – Localisation et nombre de migrants morts ou portés disparus dans le monde en 2017, selon l’OIM. © Simon MALFATTO, Sabrina BLANCHARD / AFP

Parmi ces réalisations, certaines sont-elles particulièrement innovantes ?

L’un de nos projets phares, le webdocumentaire « Balles perdues », que nous avons produit avec le bureau de Rio, a marqué les esprits. Il s’agit d’une infographie interactive qui comporte de la vidéo et de la photo et s’appuie sur une base de données montée par l’ONG Amnesty International au Brésil. Nous voulions donner la parole aux victimes des tirs qu’échangent policiers et trafiquants dans les favelas. Ce produit très abouti a servi de vitrine à l’infographie interactive AFP. Le travail sur l’interface a été effectué à Paris. Nous avons fait le design du module interactif avant d’intégrer toutes les données.

Comment cette offre est-elle commercialisée ?

Toutes ces infographies interactives sont aujourd’hui hébergées sur un catalogue interactif qui est un outil supplémentaire intégré à notre offre. Il permet au client de visualiser très rapidement toute la production interactive et de l’afficher sur différents types d’écrans et de supports digitaux. Toutes nos infographies interactives sont responsive et peuvent donc être visibles sur un mobile.

Où en est l’infographie fixe ?

Pour l’infographie fixe, nous avons commencé une production régulière de data visualisation. Ces infographies s’appuient sur des bases de données souvent très importantes, qui peuvent être extérieures à l’Agence. Des contenus visuels sont créés à l’aide d’outils informatiques semi-automatisés qui nous servent, par exemple, à localiser des milliers de points, en datavisualisation, sur une carte.

Votre service est-il impliqué dans le projet AFPData ?

AFPData est hébergé au sein du service Infographie et Innovation. Le projet avance sérieusement, nous avons d’ores et déjà conçu l’architecture d’une plateforme pour recueillir les bases de données de l’AFP. Nous abordons à présent la phase opérationnelle du projet avec un travail sur le design de l’interface. Cette partie fait collaborer des datajournalistes du service Infographie et de la Documentation.

Cela contribue-t-il au développement du datajournalisme à l’Agence ?

Nos différentes formes d’utilisation de la data y contribuent, de même que le travail de recensement des bases de données existantes à l’AFP, que nous avons engagé avec l’aide de l’ensemble des services. Tout cela est couplé à un programme de formation ambitieux à la pratique du datajournalisme, qui propose notamment des sessions longues d’une dizaine de jours et des formations à distance pour les journalistes à l’étranger. Au total, plus d’une centaine de journalistes ont été formés au datajournalisme depuis 2017.

Alain Bommenel

Alain Bommenel

Chef du Service Infographie et Innovation