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Le datajournalisme s’enracine à l’AFP

Depuis trois ans, le datajournalisme s’enracine à l’AFP, grâce à des spécialistes et à un réseau de journalistes de plus en plus nombreux à se former à ces nouvelles méthodes de collecte, d’exploration et de mise en forme de l’information. « C’est assez exceptionnel dans le monde des médias pour être relevé : au total, cent journalistes de l’agence ont déjà été formés, à des niveaux plus ou moins avancés, aux techniques du datajournalisme et de la datavisualisation », souligne Sophie Huet, adjointe à la directrice de l’Information.

Ce jeu de données présente les catastrophes aériennes depuis 1994. Il est exhaustif à partir de 20 morts dans le monde et 7 en Europe. Il répertorie aussi les catastrophes aériennes de plus de 100 morts entre 1980 et 1993 et les principaux crashs avant, notamment ceux concernant des personnalités publiques.© AFP

Témoignage aussi de l’intérêt suscité par cette pratique nouvelle dans la rédaction : une réunion d’information sur le sujet a fait salle comble au siège fin 2017, rassemblant plus d’une centaine de personnes.

L’expertise s’est d’abord développée au service Infographie/Innovation, qui traite la data pour la présenter dans des infographies fixes ou interactives, et à la Documentation, où sont constituées et actualisées des bases de données sur des sujets variés (Brexit, dopage, accidents aériens, séismes…). Elle gagne du terrain, sur la base du volontariat, en particulier chez les journalistes traitant régulièrement des données, comme au département économique ou au service social.

Le train de la data progresse aussi au rythme de projets ambitieux. Le dernier en date, AFPData, a été sélectionné en juillet par le fonds Google Digital News Initiative (DNI), qui avait déjà soutenu en 2016 AFP Interactive, l’offre d’infographies interactives de l’Agence. Sur une période de 18 mois, le nouveau projet prévoit de prolonger le travail effectué sur le datajournalisme, et de concevoir des contenus éditoriaux basés sur la data.

Le premier volet prévoit la création de jeux de données originaux par les journalistes de l’Agence, à l’image des bases constituées sur les programmes de tous les candidats à la présidentielle française, « un ensemble de données assez considérable avec près de 3 000 entrées », explique Sophie Huet.

« Ce sont des données dont nous avons besoin pour faire notre travail au quotidien, pour faire aussi du fact-checking, mais qui ne sont pas forcément disponibles à l’extérieur », fait-elle observer. D’où l’idée de sélectionner des jeux de données à forte valeur ajoutée éditoriale pour les mettre à la disposition non seulement des rédactions de l’Agence, mais ensuite de clients bêta-testeurs. « Nous travaillons pour cela avec un partenaire, OpenDataSoft, dont le métier est de valoriser la data en créant des plateformes comportant des fonctionnalités avancées », poursuit l’adjointe de Michèle Léridon à la direction de l’Information.
 

Logiquement, le second volet d’AFPData se concentre sur les moyens d’utiliser la data pour construire des contenus éditoriaux. À cette fin, l’AFP s’est associée à l’entreprise Syllabs, spécialisée dans la robot rédaction. Objectif : utiliser des données pour produire automatiquement des textes, dans des formats répétitifs ou en grande quantité, avec la possibilité de personnaliser le style. « Mais ce sera toujours le journaliste qui déterminera en amont les données utilisées, le format et le niveau de langue », relève Sophie Huet. Dans le même ordre d’idée, l’AFP explore des solutions logicielles permettant de produire de petites vidéos à partir de jeux de données. Pour l’ensemble du projet, l’AFP s’appuie sur l’accompagnement du Laptop, un groupement de designers d’expérience utilisateurs, afin de s’assurer que ce qui est mis au point correspond bien aux besoins de ses clients.

Iris 360 : changer de culture sur les agendas En 2017, d’importants efforts sont réalisés en vue de généraliser l’usage d’IRIS 360, l’outil d’agenda de l’AFP, au sein de la rédaction. Avec en ligne de mire la création d’une plateforme interactive d’agenda destinée aux clients. « C’est un changement de culture en profondeur », souligne Sophie Huet.

« Toute la rédaction doit prendre conscience de l’importance des agendas pour nos clients, notamment ceux qui ont un grand besoin d’anticipation, et les intégrer comme une production à part entière », plaide-t-elle, invitant les collaborateurs à « s’emparer d’un outil qui, en 2018, va aussi servir à fabriquer nos prévisions ».

« Ce sont des données dont nous avons besoin pour faire notre travail au quotidien, pour faire aussi du fact-checking, mais qui ne sont pas forcément disponibles à l’extérieur », fait-elle observer. D’où l’idée de sélectionner des jeux de données à forte valeur ajoutée éditoriale pour les mettre à la disposition non seulement des rédactions de l’Agence, mais ensuite de clients bêta-testeurs. « Nous travaillons pour cela avec un partenaire, OpenDataSoft, dont le métier est de valoriser la data en créant des plateformes comportant des fonctionnalités avancées », poursuit l’adjointe de Michèle Léridon à la direction de l’Information.
 

Logiquement, le second volet d’AFPData se concentre sur les moyens d’utiliser la data pour construire des contenus éditoriaux. À cette fin, l’AFP s’est associée à l’entreprise Syllabs, spécialisée dans la robot rédaction. Objectif : utiliser des données pour produire automatiquement des textes, dans des formats répétitifs ou en grande quantité, avec la possibilité de personnaliser le style. « Mais ce sera toujours le journaliste qui déterminera en amont les données utilisées, le format et le niveau de langue », relève Sophie Huet. Dans le même ordre d’idée, l’AFP explore des solutions logicielles permettant de produire de petites vidéos à partir de jeux de données. Pour l’ensemble du projet, l’AFP s’appuie sur l’accompagnement du Laptop, un groupement de designers d’expérience utilisateurs, afin de s’assurer que ce qui est mis au point correspond bien aux besoins de ses clients.

Sophie Huet

Sophie Huet

Adjointe à la Directrice de l'Information