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Le sport business, terrain de jeu de l’AFP

Référence internationale, l’information sportive de l’AFP traite de l'actualité sur les terrains mais aussi en dehors. En atteste sa couverture de l’économie du sport, qui mobilise aujourd’hui l’ensemble de son réseau.

La saga du transfert record de Neymar au Paris Saint-Germain l’a une nouvelle fois confirmé : le sport est un business en plein boom. Nul ne peut ignorer aujourd’hui ce marché mondial générant plus de 600 milliards d’euros par an. Couvrir l’actualité sportive implique par conséquent de prendre en compte son aspect économique et financier. Un virage qu’a pris l’AFP depuis plusieurs années, convaincue que le sport dans toutes ses dimensions devait être l’une de ses priorités stratégiques.

« Nous avons changé notre façon d’appréhender le sport en considérant que sa couverture ne s’arrêtait pas à ce qui se joue sur les terrains. Il y a tous les à-côtés, à commencer par l’argent qui est partout », souligne Didier Lauras, chef du Département Sports. Dans ce contexte, ajoutet- il, « il nous est apparu évident que l’économie du secteur devait être traitée comme un sujet en soi, un sujet qui parfois prend le pas sur la compétition elle-même ».

17 décembre 2015 – Lisbonne, Portugal – Le joueur du Real Madrid, Cristiano Ronaldo, arrive à une conférence de presse au Pestana Hotel Palace. Il investira plus de 37 millions d’euros dans le groupe hôtelier Pestana pour créer 4 nouveaux hôtels avec le logo « CR7 » au Portugal, Madrid et New York. © Patrica DE MELO MOREIRA / AFP

Business mondialisé

C’est particulièrement vrai pour le football, devenu au fil des années une industrie à l’échelle planétaire. « Les grands clubs sont bien plus que des entreprises purement sportives », poursuit le responsable du service. « Avec le temps, ils sont devenus d’énormes sociétés de divertissement qui, dans leur quête de rentabilité, s’assurent que le public se rend au stade et achète des maillots, que des sponsors paient pour être visibles et que des droits de retransmission télévisée substantiels soient versés. »

Cette course au profit et ses péripéties sont attentivement suivies par l’Agence. « Nos productions sur l’actualité économique du football suscitent de plus en plus d’intérêt », confirme John Weaver, chef des sports au bureau de Londres, qui cite en exemple les contenus consacrés au classement annuel des clubs les plus riches, réalisé par le cabinet Deloitte. Une liste dominée en 2017 par Manchester United, avec 689 millions d’euros de revenus. « Nos analyses portent en particulier sur les droits télévisés dont bénéficient les principaux clubs et qui atteignent des records en Premier League anglaise. » La mondialisation du football n’est pas étrangère à cette inflation. « Nous constatons que la compétition pour ces droits TV attire les plus grands groupes mondiaux. Amazon, Facebook ou Netflix investissent l’univers des contenus dont le sport est une composante majeure », observe Phil Chetwynd, rédacteur en chef central de l’AFP. « La percée du football aux États-Unis a aussi contribué à faire bondir les prix car ce marché est un véritable Graal pour les financiers du sport », précise-t-il, rappelant que de « grosses machines » comme Manchester United, Arsenal et Liverpool sont détenues par des intérêts américains.

« Les grands clubs sont bien plus que des entreprises purement sportives »

– Didier LAURAS –

Décrypter les stratégies

Pour bien appréhender la croissance exponentielle de ce marché, il faut aussi tenir compte de l’arrivée massive de capitaux étrangers et d’investisseurs d’un nouveau genre : les États. « Des clubs comme Manchester City ou le PSG sont détenus respectivement par les Emirats arabes unis et le Qatar », rappelle Yassine Khiri, journaliste à la rubrique foot après être passé par le département Economie. « L’entraîneur de Manchester City Pep Guardiola et le joueur du PSG Neymar sont des ambassadeurs pour ces États, qui jouent sur le prestige et la notoriété de leurs stars du foot comme de vecteurs d’influence », analyse-t-il.

Autre état très actif dans le football business, la Chine ne lésine pas sur les moyens pour faire sa place sur la scène mondiale. Elle investit à grands frais dans le football européen et, malgré ses démentis, caresse le rêve d’organiser sa Coupe du monde. Mais avant cela, le pays attire de grands noms de ce sport pour développer son championnat national. « Il y a deux ans, la première division chinoise a dépensé plus d’argent en transferts que la Premier League », relève Didier Lauras. « Nous avons diffusé une alerte sur cette information, qui montre à quel point le football est aujourd’hui un business global. »

Cette mondialisation a aussi sa déclinaison marketing : les plus grands clubs veulent imposer leur marque au niveau planétaire, à l’instar du PSG. « Le Qatar souhaite rendre son club aussi célèbre que le Real Madrid, les Yankees de New York en base-ball ou les Los Angeles Lakers en basket-ball. Le PSG joue donc la carte de la diversification, comme en attestent ses partenariats avec les Rolling Stones pour la tenue de concerts ou ses incursions dans l’univers de la mode », note Yassine Khiri. « À nous de décrypter ces stratégies », dit-il, ajoutant que la logique de « branding » vaut également pour des superstars comme Neymar ou Ronaldo.

04 août 2017 – Paris, France – La superstar brésilienne Neymar lors de sa conférence de presse de présentation au Parc des Princes avec Nasser Al-Khelaifi, devant plus de 500 journalistes. © Lionel BONAVENTURE / AFP

Réseaux et rumeurs

Ces acteurs du sport sont très présents sur les réseaux sociaux, que l’AFP surveille de près. « Ils jouent un rôle considérable dans le sport et élargissent notre champ de couverture », reconnaît Phil Chetwynd. Les messages postés sur Twitter ou Instagram par les clubs ou les experts du football sur le transfert d’un grand joueur sont, selon lui, autant d’alertes pour les journalistes de l’Agence, partout dans le monde. « Les posts qui ont précédé l’arrivée de Paul Pogba à Manchester United ou de Neymar au PSG ont alimenté des rumeurs que nous nous sommes chargés de vérifier », se remémore-t-il.

« Les réseaux sociaux nous obligent à changer notre façon de travailler », renchérit Didier Lauras. « Il y a encore quelques années, nous attendions qu’un transfert soit effectif pour en parler. Il s’agissait d’en rester aux faits, sans s’appuyer sur des rumeurs. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus attendre. Le bruit, la rumeur, les commentaires font partie du processus », assure-t-il. « Si Ronaldo veut un meilleur salaire, il a tout intérêt à faire courir le bruit d’un départ en Angleterre. Clubs, entourages de joueurs et joueurs utilisent ainsi à leur profit les réseaux sociaux ou leurs relations avec les journalistes. C’est aussi notre rôle de l’expliquer et de contextualiser l’information qui circule, comme le phénomène dans son ensemble. »

À cet égard, l’AFP dispose d’un atout majeur : son réseau mondial de journalistes, dont plus de 150 spécialistes sport. « Les bureaux nous apportent leur couverture et leur connaissance des enjeux. Ils nous aident aussi à mettre des informations en perspective », insiste Phil Chetwynd. Exemple : la Chine a investi massivement dans les clubs européens ces dernières années. La mission de l’AFP est aussi de s’intéresser au phénomène et de comprendre quels sont les enjeux financiers, politiques ou en terme d’image de ces investissements. Les fondamentaux de l’Agence n’en sont toutefois pas modifiés. Qu’il s’agisse des stratégies de sponsoring, des négociations sur les droits TV ou des tractations du mercato, « le plus important est la qualité de nos source », soutient le rédacteur en chef central. Et dans ce domaine, l’AFP ne néglige rien ni personne. Outre les réseaux des journalistes répartis dans le monde entier, « nous savons par exemple que les agents de joueurs parlent régulièrement à des journalistes de publications spécialisées. À nous d’identifier celles qui sont fiables et de les utiliser, sinon comme des sources à part entière, au moins comme des indicateurs crédibles de ce qui se passe dans les couloirs des clubs et des fédérations. »

« Les posts qui ont précédé l’arrivée de Paul Pogba à Manchester United ou de Neymar au PSG ont alimenté des rumeurs que nous nous sommes chargés de vérifier »

– Phil CHETWYND –

21 décembre 2017 – Doha, Quatar – Neymar Jr et Kylian Mbappé lors d’un stage de préparation du Paris Saint-Germain. © Karim JAAFAR / AFP

Phil Chetwynd

Phil Chetwynd

Rédacteur en Chef Central

Yassine Khiri

Yassine Khiri

Journaliste

Didier Lauras

Didier Lauras

Chef du Département Sports

John Weaver

John Weaver

Coordinateur sport au bureau de Londres