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Grégory Berthelot

Grégory Berthelot

Directeur général adjoint, Directeur administratif et financier

« Poursuivre la modernisation de la gestion et préparer l’avenir »

Le vent de réforme qui souffle sur l’AFP a-t-il atteint la direction administrative et financière ?

Nous participons à ce mouvement collectif. L’année 2017 nous a notamment permis de consolider un ensemble de réformes de gestion destinées à poursuivre l’effort de modernisation engagé ces dernières années. La création de la direction des achats, sur les bases de l’ancien département des achats, vise à accroître l’efficience de nos actions dans ce domaine. Son rôle est de formaliser nos procédures afin de mettre en concurrence nos prestataires pour sélectionner, autant que possible, les offres les mieux disantes, tout en préservant la qualité de nos achats. L’approche n’est donc pas uniquement économique. Nous avons amélioré notre communication financière, en mettant à la disposition de la gouvernance de l’Agence des tableaux de bord expliquant de manière claire et synthétique la situation financière de l’Agence lors de chacun des cinq reportings de gestion qui interviennent dans l’année. Nous avons également mis en place dans toutes les régions des procédures renforcées afin d’améliorer la situation du recouvrement de nos créances clients.

Ces réformes produisent-elles des résultats ?

En matière d’achats, un cercle vertueux a d’ores et déjà été enclenché. Plusieurs réalisations y ont contribué. Une commission d’appel d’offres a été mise en place cette année. 16 consultations formalisées ont été organisées, sur des sujets aussi divers que la téléphonie mobile, la virtualisation de serveurs ou la diffusion de la vidéo live par Internet. Pour chacune d’elles, plusieurs fournisseurs ont été sollicités sur la base d’un cahier des charges précis. En termes financiers, les résultats sont au rendez-vous puisque, pour un enjeu global de près de 5 millions d’euros, ces consultations ont permis de réaliser une économie globale d’environ 15 %. Il convient donc désormais d’approfondir et d’amplifier cette démarche.

Cette démarche concerne-t-elle également les investissements ?

Absolument. Un comité des investissements existe à l’Agence depuis 2016, et il a connu sa première année pleine de fonctionnement en 2017. Il permet de mettre sous contrôle un processus qui était auparavant plus décentralisé. Une procédure a, là aussi, été instaurée afin d’améliorer et rationaliser la prise de décision. Elle prévoit que, pour tous les projets d’investissement supérieurs à 50 000 euros, le comité se réunisse sous la coprésidence du directeur général et de la directrice de l’Information, en présence des différentes parties prenantes. Une étude d’impact est nécessaire pour valider tout investissement. Nous avons ainsi pu examiner une quarantaine de projets dans l’année pour un montant total de près de 7 millions d’euros.

Dans ce contexte, la mise en oeuvre des projets avance-t-elle comme prévu ?

C’est le troisième champ sur lequel nous avons progressé en 2017. Nous avons approfondi un sillon tracé dès 2015 avec la mise en place d’une gouvernance des projets et la création de comités de domaine. Pour gagner en efficacité, chaque comité a été invité à se concentrer sur ses priorités, et ce afin de limiter le trop grand nombre de projets. Notre capacité d’investissement étant contrainte, cela nous a beaucoup aidés. En fin d’exercice, nous avions 75 projets actifs, dont 28 considérés comme prioritaires.

Quels projets prioritaires sont arrivés à maturité en 2017 ?

Comme on vient de le voir, nos projets sont nombreux, et touchent à des domaines variés. Parmi les plus emblématiques on peut citer par exemple la livraison de nos lives par Internet, qui ouvre de nouveaux marchés à la vidéo. L’installation d’une régie vidéo à Hong Kong est un autre investissement d’ampleur pour cette activité stratégique. Nous avons aussi sensiblement progressé concernant le développement du module vidéo de notre plateforme éditoriale Iris, qui doit être déployé en 2018, et va marquer l’aboutissement d’un chantier de près de dix ans. Nous avons également beaucoup progressé concernant la mise en place d’un outil marketing de gestion de la relation client, qui va nous permettre d’améliorer notre efficacité commerciale. En matière de gestion on peut évoquer le lancement du logiciel de gestion des temps et activités (GTA), qui doit intervenir début 2018.

La situation financière de l’Agence est-elle propice aux investissements ?

Notre chiffre d’affaires résiste bien, et grâce à la bonne maîtrise de nos charges, issue des réformes et des efforts de gestion accomplis par l’ensemble de l’Agence, notre exploitation 2017 a été conforme à nos prévisions, ce qui est en soi un excellent résultat. Mais notre situation financière reste fragile. Nous ne dégageons pas suffisamment de cash pour pouvoir à la fois financer l’ensemble des investissements dont l’Agence a besoin pour assurer sa modernisation et son développement, et faire face à l’ensemble des échéances de dette auxquelles elle va être confrontée. Nous avons ainsi dû restructurer la dette de l'Agence pour retrouver un peu d'air en 2018. C’est la raison pour laquelle l’Agence a fait état d’un besoin de financement pluriannuel de 60 millions d’euros. Cet apport est nécessaire pour lui permettre de retrouver durablement la voie de l’équilibre économique, qui lui permettra de faire face dans de bonnes conditions à l’ensemble des enjeux auxquels elle va être confrontée sur la prochaine période.

De quoi sera faite l’année 2018, financièrement parlant ?

Le point crucial concerne l’aboutissement des travaux en cours avec l’État concernant notre demande de financement. Pour le reste, nous allons poursuivre l’ensemble des efforts engagés pour développer notre chiffre d’affaires commercial et assurer la maîtrise de nos charges. Nous nous engagerons également dans la négociation du prochain contrat d’objectifs et de moyens (COM), dont le contenu dépendra en grande partie de la discussion stratégique engagée avec l’État sur le devenir de l’Agence.