Aller au contenu principal
EN
Françoise Michel

Françoise Michel

Cheffe du service Société

Christophe Simon

Christophe Simon

Reporter photo

6 décembre 2017, 2h44 : « Johnny Hallyday est mort (épouse à l’AFP) »

La disparition de l’icône Johnny a suscité une émotion énorme en France et dans le monde francophone. Retour sur la couverture de cet événement par les rédactions de l’AFP, mobilisées de Paris à Los Angeles.

Le vrai signal est venu en mars : Johnny Hallyday officialise alors son cancer du poumon sur Twitter et promet de se battre. « Nous avons bien sûr fait une alerte puisque des rumeurs sur son état de santé circulaient depuis des semaines », se souvient Françoise Michel, la responsable du service Société. Décision est aussitôt prise de préparer un dossier consacré à la star, en concertation avec Bénédicte Rey, ancienne journaliste Musique passée à la Documentation. Mais 60 ans de carrière ne se résument pas en quelques dépêches. Une fois les archives passées au crible, une vingtaine de papiers d’angle, de reportages et de repères sont actualisés ou préparés par la documentation et le service. « Il fallait les incontournables sur ses chansons, ses 100 millions de disques vendus, ses tournées, sa vie amoureuse… Sans oublier Johnny au cinéma, Johnny et la politique, ses retrouvailles ratées avec la Belgique et sa vie discrète en Californie. »

Rentré en France pour se faire soigner, le chanteur âgé de 74 ans est hospitalisé à Paris le 13 novembre en raison d’une détresse respiratoire. Cinq jours plus tard, il rejoint son domicile de Marnes-la-Coquette, en région parisienne. Soudain, le 30 novembre au soir, un grand média envoie des motards de presse en direction de sa propriété. Ce qui a pour effet de déclencher une rumeur de décès sur les réseaux sociaux. « La situation s’emballe, on découvre même des tweets prêtant à l’AFP des annonces, y compris l’annonce de la mort de Johnny », raconte Françoise Michel. Un appel du manager du rockeur, Sébastien Farran, au spécialiste Musique de l’Agence, Nicolas Pratviel, fera descendre la tension. Les deux hommes se connaissent, ils se sont rencontrés pour la promotion de la sortie d’un album de reprises. « Le manager a d’abord lu un démenti – « Johnny est chez lui et se repose » – attribué à l’entourage de l’artiste. Puis, submergé par les messages, il a demandé à être cité nommément. Là, il s’est rendu compte de la puissance de l’AFP car la rumeur s’est arrêtée net ! »

29 avril 1969 – Paris, France – Johnny Hallyday sur la scène du Palais des Sports. © Derrick CEYRAC / AFP

Emotion du flash

Le 6 décembre, il est 2h34 lorsque Sébastien Farran rappelle Nicolas Pratviel. Cette fois pour lui annoncer en exclusivité la mort de Johnny Hallyday et lui dicter le communiqué de l’épouse du chanteur Laetitia : « Mon homme n’est plus ». L’Agence se met dès lors en action. « Nicolas m’a appelée à son tour et nous avons passé un flash à 02h44 sur le fil. Dans ces moments-là, on a le coeur qui bat un peu plus vite », confie Françoise Michel. Le lead tombe à 03h09 et le premier papier général à 03h45. Deux équipes vont ensuite se relayer dans le service pour gérer l’événement et son déluge de réactions. « Celles de Brigitte Bardot, Sylvie Vartan et Eddy Mitchell, en direct, ont été ‘’alertées’’, tout comme le texte commun de Laura et David, les premiers enfants du chanteur. »

Quand vient l’hommage populaire à Johnny, le 9 décembre, tous les métiers de l’AFP sont sur le pont, à Paris et plusieurs villes de province. Il fait encore nuit quand une journaliste du service Société est envoyée sur les Champs-Elysées pour recueillir des paroles de fans. Bientôt, d’autres reporters texte quadrilleront les lieux tandis que photographes et JRI feront remonter des images de chaque point clé du parcours. « Pour la cérémonie, nous avons reçu l’aide des Informations Générales, qui suivaient le dispositif de sécurité, et du Politique parce qu’il y avait Emmanuel Macron et deux ex-présidents à la Madeleine », note Françoise Michel. « La vidéo nous a fourni énormément d’éléments sur les fans à Marnes-la-Coquette et sur le déplacement du corps. Et la photo était partout. »

09 décembre 2017 – Paris, France – La foule dense est massée devant l’église de la Madeleine à la fin de la cérémonie funéraire en hommage au défunt chanteur français Johnny Hallyday. © Eric FEFERBERG / AFP

09 décembre 2017 – Paris, France – Les fans lancent des roses blanches lors d’un « hommage populaire » au chanteur alors que son cercueil descend l’avenue des Champs-Elysées. © Christophe SIMON / AFP

Ferveur incroyable

Sur la dizaine de photographes mobilisés, deux vont suivre le cortège de Marnes-la-Coquette jusqu’aux Champs-Elysées, en passant par le funérarium du Mont-Valérien, où reposait la dépouille du chanteur. L’un d’eux, Christophe Simon, a vécu cette procession aux avantpostes. « Philippe Lopez et moi étions sur des motos de presse. J’étais à l’avant avec des confrères de télévision, derrière la Garde républicaine, et lui à l’arrière », explique-t-il, indiquant avoir transmis 80 photos en direct tout au long de cette équipée. « Ma moto a été bloquée en arrivant à Concorde, mais j’ai pu rester travailler au milieu des centaines de bikers qui accompagnaient Johnny. » Un instant « impressionnant », reconnaît ce professionnel expérimenté. De cette journée particulière, il retient « la foule immense, cette ferveur incroyable, les Harley, les gens qui jetaient des fleurs au passage du cortège… »

Les équipes de l’AFP relaieront ensuite l’arrivée du cercueil à la Madeleine et l’intervention du président Macron sur les marches de l’église. Même traitement, le lendemain, pour le départ du corps de Johnny pour Saint-Barth et l’atterrissage sur l’île. « L’enterrement était privé mais il a aussi donné lieu à une alerte », précise Françoise Michel. Jusqu’aux derniers adieux, l’Agence est restée mobilisée.

9 décembre 2017 – Paris, France – Le corbillard transportant le cercueil de Johnny Hallyday descend l’avenue des Champs-Elysées. © Christophe SIMON / AFP

Le découpage de la copie à l’AFP

Les dépêches de l’AFP sont classées en fonction de leur degré d’urgence :
Le flash, format court et prioritaire, annonce un fait d’une importance exceptionnelle. L’alerte peut compter une douzaine de mots, mention de la source comprise, et ne doit pas dépasser une ligne d’écran, soit 80 caractères.
L’urgent, dépêche de 2 paragraphes et d’une trentaine de mots, est le premier développement d’un fait important.
Dans les minutes qui suivent, un premier lead rassemble les principales informations en quelques courts paragraphes.
Un papier général, envoyé 20 à 30 minutes après un flash ou une alerte, réunit les différentes informations, en les hiérarchisant, en les contextualisant et en les enrichissant de premiers éléments d’analyse.
Des papiers d’angle, des repères, des encadrés, des portraits peuvent ensuite compléter la couverture.